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jeudi, 28 août 2008

The Human Factor

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   Un peu plus d'un an après avoir brandi le trophée mondial et attiré les regards de toute la planète des aficionados et au delà, l'Afrique du Sud est en passe de se retrouver à nouveau sous les feux des projecteurs. 
 Le responsable de cet élan est américain et il s'apprête à associer son nom, que plus personne n'ignore, à l'alliance inédite du septième art hollywoodien et de l'ovalie. 
 Si son ballon est ovale, le rugby est pourtant loin d'être le sport national américain. On se demande ce qui a pu attirer ce pur yankee qu'est Clint Eastwood, vers un sport qui n'autorise pas le port du casque et dont les distances se mesurent en mètres.

  En fait, le projet est né de l'initiative de l'acteur principal du futur long métrage: Morgan Freeman. Ce dernier n'est pas un spécialiste des relances de François Steyn ou des qualités en touche de Matfield et Botha. Il désirait par ce film, rendre hommage à celui qui a su reconquérir l'honneur de l'Afrique du Sud et par là même, les lettres de noblesse du rugby des Springboks.

  L'acteur oscarisé incarnera le Nelson Mandela de 1994, celui qui, trois ans après la fin de l'apartheid, un an après avoir reçu le prix Nobel de la paix, est élu président de la république d'Afrique du Sud. Le film est axé sur l'organisation de la troisième coupe du monde de rugby, la plus symbolique de l'histoire.


  Dès son arrivée au pouvoir, le nouveau président doit ouvrir les portes du pays en convalescence afin de permettre au rugby d'irriguer librement le cœur de ce géant de l'ovalie. La coupe du monde devient un symbole, celui de la renaissance, celui de la deuxième chance qui rend au pays meurtri sa place dans le monde .

Pourquoi l'évènement revêt-il une si grande importance?

  Parce que le rugby y a toujours été la discipline réservée de manière exclusive aux Afrikaners et aux «Britanniques». Il devient du coup le symbole d'une logique sectaire et élitiste consacrant la supériorité des blancs et matérialisée par le tristement célèbre système de l'apartheid, mis en place en 1948 par le parti National. 

  Le pays est alors divisé en ethnies, cultures, couleurs de peau, langues... La haine s'installe dans l'Etat le plus éclectique du continent africain, attirant vers lui les critiques, puis la mise au ban de la communauté internationale.

  L'Afrique du Sud, s'asphyxiant dans le marasme de l'apartheid, représente alors et pendant plus de 20 ans la destination interdite des fameuses tournées chères à l'ovalie.

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  Les premiers à réagir sont les Australiens qui manifestent leur désaccord pendant la tournée maintenue de 1971. Malgré sa victoire sur les terres australes, l'équipe des Springboks n'a pas de quoi se réjouir. Les deux formations ne se rencontreront plus pendant près de 21 ans. C'est le début du boycott.

 Cette situation accablante est stigmatisée par le Gleaneagles Agreement, signé par les membres du Commonwealth en 1977 qui bannit officiellement l'Afrique du Sud de son paysage sportif. 
 
21 ans. Ça vous met un peu à l'envers quand vous pensez au nombre de perles rares, de carrières brillantes et d'exploits historiques probablement avortés par cette terrible mise en jachère.  
 
A l'image de l'ouvreur Errol Tobias joueur extrêmement talentueux sélectionné pour la première fois en équipe nationale à l'âge de 31 ans. Il n'a été capé qu'à six reprises et pas à son poste de prédilection et pourtant on considère ses sélections comme un exploit. Parce qu'il était métis.


  La mise au ban des équipes d'Afrique du Sud ne fait que traduire le malaise et l'incohérence qui transpire de cette société fondé sur la désunion. Comme le rugby ne peut être porté par une société qui porte en elle les valeurs de la désunion et de l'oppression, l'apartheid n'aura jamais si bien porté son nom qu'en cette période néfaste du sport sud africain. En effet, en afrikaans "apartheid" signifie "mise à part"... tout simplement.


 C'est pour cette raison que la coupe du monde arrive comme une bénédiction.


  L'apartheid est aboli le 30 juin 1991, grâce au président de l'époque, Frederik de Klein et au Congrès National Africain (ANC) parti d'un certain Rolihlahla (Nelson) Mandela.

Au vue des progrès de la nouvelle nation en puissance, l'IRB effectue un demi tour complet et décide de lui accorder l'organisation de la coupe du monde 1995.


 Le 27 avril 1994, Nelson Mandela l'ancien prisonnier, devient le premier président noir de l'histoire de l'Afrique du Sud. Sans le savoir, il s'apprête à devenir un symbole du rugby, de ses valeurs et l'incarnation de la nouvelle union sud-africaine.

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  Ce qui va se dérouler entre le 25 mai et le 24 juin 1995 représente, sinon l'ambition, le rêve de millions de défenseur de la liberté et de l'égalité entre les peuples sud-africains, pesant sous le joug du spectre de l'apartheid.

Après s'être débarrassé de la Roumanie (21-8), du Canada (20-0) et des Australiens (27-18) champions du monde en titre en phase de poule, l'Afrique du Sud se hisse en quart de finale.
Là les Boks triomphe des Samoans (42-14) et gagnent leur place en demi-finale. Ils battent alors les Français dans des conditions de jeu très difficiles. Les fortes pluies qui balaient le terrain et l'essai manqué à quelques centimètres près par Abdellatif Benazzi acheveront les espoirs des invités. Cette victoire 19 à 15 propulse les Boks en finale où ils sont opposés aux redoutables All Blacks.

  C'est au terme d'une finale crispée aux terres promises délaissées (décidément...) que les verts et or l'emportent devant un peuple en liesse. Des townships noirs aux ranchs africaners, on priait pour que ces garçons soulèvent le trophée. Ils le conquièrent pour tous et pour chacun, pour prouver que leur pays revit et pour affirmer le sentiment d'unité qui les anime. L'Afrique du Sud peut respirer, elle a retrouvé sa place dans le monde.


 Nelson Mandela posa sur cette union le sceau de son aura exceptionnel. Vêtu du maillot des héros, il remit au capitaine François Pienaar la coupe de tous les désirs et les deux hommes échangèrent l'une des poignées de main les plus symboliques de l'histoire.

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« L'Afrique du Sud vous ouvre ses bras et son cœur et vous donne l'accolade... »

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